Tribune /// Une société forte investit dans l'humain avant d'investir dans les chiffres
Ce lundi 22 juin, nous étions présents à Arlon. Et voici nos raisons !
Une conférence avait lieu au Hall Polyvalent à Arlon hier soir. Si le président du MR, Georges-Louis Bouchez, était d'abord annoncé, c'est le député européen Benoit Cassart, accompagné des ministres Éléonore Simonet et Cécile Neven, qui a finalement remplacé la tête de l'affiche pour défendre le projet politique du gouvernement actuel.
Lors de cette conférence, les conférenciers annonçaient montrer comment la Belgique peut réapprendre à croire en sa force en libérant l’énergie de celles et ceux qui créent la richesse : les indépendants, les PME et tous ceux qui se lèvent chaque matin pour travailler.
La richesse... N'y a-t-il que les créateurs de richesse qui se lèvent chaque matin pour travailler ? Et de quelle richesse parle-t-on ? Pas de la richesse culturelle, pas de la richesse humaine, pas de la richesse d'une justice sociale équilibrée.
Alors, nous étions là aussi.
Parce qu'en démocratie, les citoyens ne sont pas condamnés au silence entre deux élections. Parce qu'ils ont le droit de questionner, de contester et de faire entendre leur voix lorsque les choix politiques leur semblent menacer le bien commun.
Depuis des mois, nous assistons à une succession de réformes qui frappent de nombreux secteurs de la société. L'enseignement, la culture, le monde associatif, les services publics, les étudiants, les pensionnés, les demandeurs d'emploi, les travailleurs : partout, les mêmes mots reviennent. Économies. Rationalisation. Restriction. Compétitivité.
Toujours moins pour ceux qui ont déjà peu.
Toujours davantage demandé à ceux qui tiennent la société debout.
On nous explique qu'il n'y a pas d'alternative. Que les caisses sont vides. Que les sacrifices sont inévitables.
Pourtant, dans le même temps, les inégalités continuent de se creuser. Les richesses se concentrent. Les dividendes augmentent. Les grandes fortunes prospèrent. Les services collectifs, eux, sont sommés de faire toujours plus avec toujours moins.
Nous refusons cette logique.
Nous refusons qu'une société soit gouvernée comme une entreprise dont le seul horizon serait la rentabilité.
Nous refusons que l'accès à l'éducation devienne progressivement un privilège. Nous refusons que la précarité soit présentée comme une fatalité.
Nous refusons que l'on oppose les travailleurs aux allocataires, les jeunes aux anciens, les fonctionnaires aux salariés, les citoyens aux étrangers.
Car cette stratégie du "diviser pour régner" ne résout rien. Elle détourne simplement l'attention des véritables enjeux.
Nous nous inquiétons également de voir progresser, partout en Europe, des discours qui banalisent l'exclusion, la stigmatisation et le repli sur soi. Nous nous inquiétons de l'affaiblissement des contre-pouvoirs, des attaques contre la presse, du recul du débat démocratique au profit de la communication permanente.
Nous nous inquiétons enfin de voir disparaître de l'agenda politique des enjeux pourtant essentiels : la lutte contre le dérèglement climatique, la protection du vivant, la préservation des ressources naturelles et la transmission d'un monde habitable aux générations futures.
Face à cela, nous ne voulons pas nous résigner.
Nous croyons qu'une société forte investit dans l'humain avant d'investir dans les chiffres.
Nous croyons que l'école, la culture, la santé, la solidarité et les services publics ne sont pas des coûts, mais des richesses.
Nous croyons que la démocratie ne se réduit pas au vote. Elle vit dans le débat, dans l'engagement citoyen et dans la capacité de chacun à interpeller le pouvoir.
Nous croyons qu'une autre voie est possible. Une voie fondée sur la justice sociale, la solidarité, le respect de la dignité humaine et la préservation du vivant.
Ce 22 juin, nous n'étions pas présents contre une personne.
Nous étions présents pour des valeurs.
Nous étions présents parce que nous refusons de devenir spectateurs de décisions qui engagent notre avenir collectif.
Nous étions présents parce que la démocratie ne consiste pas seulement à écouter ceux qui gouvernent.
Elle consiste aussi à leur répondre.
Primo-signataires:
Christelle Bernard
Nathalie Hutlet
Michaël Lucas
Véronique Petit
Jean-Sébastien Zippert.
Signataires (ordre chronologique de la signature):
Anne-Sylvie Antoine
Monique Voz
Martine Becker
Valérie Karthauzer
Elisabeth Freymann
ÉQUIPES POPULAIRES Luxembourg (Dominique Verhaeren)
James Noirbenne
COLLECTIF ANTIFASCISTE Luxembourg
Enza Castronovo
Marianne Lefebvre
Jean-Claude Feite
Jennifer Leroy
Ludivine Dechêne
Jean-François Rasschaert
Rachelle Ridole
Jade Debecker
Agnès David
Cécile Havard
Nathalie Monfort
Mattéo Gori
Marie Schmit
Gaëlle Jaumotte
Martine Flament
Claudine Furlano
Claudia Massot
Brigitte Pétré
Géraldine Frognet
Roald Wyckmans
Fabien Lafontaine
Berlinda Firmani
Caroline Serrato
Françoise Orban
Éléonore Crickx
Charlotte Decroyer
Xavier Bontemps
Morad Laqli
Mélanie Consiglio
Cécile Gillet
Pascale Déry
Ombelyne Vanden Berghe
Hugues Delacroix
Amaury Ludes
Béa Cenné
Maïté Graff
Christophe Depiesse
Camille Georges
Marc Mathieu
Véronique Huens
Yannick Denis
Antonin Thomas
Ida Bertel
Christine Langen
Sylvie Flammang
MARS ATTACKS
Catherine Vandersmissen
Nathalie Bockler
Arnaud Delhez
Martin Morelle
Pierre Stassart
Alain Ponce
Antoine Herman
Éric Herman
Cindy Leguèbe
Marie Bernardy
Gaëlle Loupe
Isabelle Balter
Serge Raucq
Marylène Pierre
Caroline Rijs
Christine van Acker
Anne Julien
Quentin Lambert
Vincent Villers
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